L’équipe se renforce. Depuis deux mois, Rémy Iceta a rejoint le pôle Agroécologie et filières alimentaires durables d’Isara Conseil. À travers cette interview, il partage sa vision des grands enjeux auxquels font face les coopératives, négoces et industries agroalimentaires, ainsi que les leviers concrets pour accompagner leur transition.
Peux-tu nous présenter ton parcours en quelques mots ?
Ingénieur agronome de formation, j’ai commencé par une classe préparatoire scientifique avant de m’orienter vers l’agronomie avec un DUT, puis une école d’ingénieur à l’ESA d’Angers, que j’ai suivie en apprentissage.
J’ai ensuite travaillé plus de trois ans et demi au sein d’une entreprise agricole, en lien direct avec le terrain, ce qui m’a permis de développer une bonne compréhension des enjeux opérationnels des agriculteurs et des structures qui les accompagnent.
Aujourd’hui, chez Isara Conseil, je mets cette double approche technique et terrain au service des acteurs des filières agricoles.
Face à la transition agroécologique nécessaire, quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les différents maillons de la chaîne agricole et alimentaire : producteurs, coopératives, négoces, industriels, distributeurs et territoires ?
Il y’a de nombreux défis mais j’en citerais 3 majeurs .
Le premier, c’est l’accompagnement technique. Les enjeux touchent à la fois les cultures, les sols, l’élevage, mais aussi les compétences des équipes. Les agriculteurs doivent être formés mais également les technico-commerciaux de coopératives ou de négoces. On observe un décalage croissant : les agriculteurs avancent souvent plus vite que les structures qui les accompagnent. Ils expérimentent beaucoup entre eux, alors que les technico-commerciaux ne sont pas toujours formés au même rythme. L’enjeu est donc clé : remettre à niveau les compétences et insuffler une dynamique collective, portée par les directions.
Le deuxième défi, c’est de rendre plus accessibles les nombreuses productions scientifiques sur le terrain. Les recherches agroécologique et agronomique sont très riches, mais encore sous-exploitées dans les pratiques.
L’enjeu n’est pas de rendre ces productions simplistes mais de vulgariser intelligemment pour rendre ces connaissances actionnables sur le terrain.
Le troisième défi c’est de mieux connecter les acteurs de la chaîne.
Entre producteurs, coopératives, industriels et distributeurs, il manque parfois de compréhension mutuelle. Par exemple, un cahier des charges peut être défini sans intégrer pleinement les contraintes terrain. L’enjeu est donc de créer du dialogue pour construire des démarches réalistes et efficaces.

Et comment réponds-tu concrètement à ces enjeux chez Isara Conseil ?
Notre force, c’est de faire le lien entre recherche, terrain et enjeux business. Nous avons un accès direct aux enseignants-chercheurs de l’ISARA, ce qui nous permet de mobiliser rapidement les bonnes expertises et surtout de transformer des connaissances scientifiques en solutions concrètes.
Concrètement, nous intervenons sur :
- la formation des équipes (agronomie, agroécologie),
- les diagnostics d’exploitations agricoles,
- l’accompagnement de filières et des territoires
Nous sommes une équipe très complémentaire. Au quotidien, je travaille notamment aux côtés de Maud Bouchet, qui accompagne les enjeux de filières, de territoires et de gouvernance, et de Valentine Neyret, qui apporte une expertise très pointue en agronomie, notamment sur les sols et l’expérimentation de nouvelles pratiques agricoles.
De mon côté, j’interviens davantage sur les enjeux liés aux coopératives et négoces, avec une approche combinant agronomie, physiologie végétale et outils d’aide à la décision.
Ensuite, nous avons une vraie capacité à former et embarquer les équipes.
Je contribue aussi au développement de dispositifs pédagogiques, notamment en e-learning, pour adapter les formations aux contraintes des acteurs et faciliter leur montée en compétences.
Enfin, au sein d’Isara Conseil nous représentons l’amont de la chaine mais d’autres équipes accompagnent l’aval sur leurs enjeux d’innovation ( R&D et marketing), de qualité sécurité des aliments, de performance industrielle , de RSE. Ce qui donne une force unique de couvrir toute la chaine. Et tout cela au cœur de l’écosystème agrifood, au sein de l’ISARA, école d’ingénieurs en agronomie, agroalimentaire et environnement.
Autant dire que je ne m’ennuie pas : le terrain d’expérimentation est immense, et chaque projet apporte son lot de défis et d’opportunités !



